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L'Otan prête à intervenir en Irak

Dans quelques jours, le gouvernement irakien recevra officiellement le pouvoir des mains de l'occupant américain. Il y a de fortes chances pour qu'au même moment, l'Otan décide d'intervenir. Peter Franssen et Pol De Vos (www.solidaire.org) 23-06-2004

Bush pense pouvoir résoudre son problème en Irak par deux mesures. D'abord, il veut « irakiser » l'occupation ; tout comme les Américains, à l'époque, avaient vietnamisé la guerre du Vietnam. Ensuite, il compte internationaliser davantage la guerre et l'occupation, en appelant l'Otan à l'aide.

Irakiser, cela veut dire donner un nom irakien à l'occupant, rassembler des troupes irakiennes et constituer une force de police irakienne Rien de plus que des marionnettes, une voilette derrière laquelle se dissimule l'impérialisme américain.

Le 30 juin, le consul américain Paul Bremer cèdera donc le pouvoir à un gouvernement irakien. Les ministères américains de la Défense et des Affaires étrangères ont désigné eux-mêmes les membres de ce gouvernement. Le Premier ministre figure depuis 12 ans déjà sur les feuilles de paie de la CIA. Huit ministres viennent d'organisations financées et dirigées par le gouvernement américain. Deux ministres sont carrément citoyens américains. Le gouvernement ne peut promulguer des lois qu'avec l'autorisation des Américains. Il n'a aucun contrôle sur les contrats pétroliers. Il doit veiller à ce que l'économie suive les voies stipulées par les Etats-Unis. Il n'a aucune autorité sur les 140.000 Américains et 25.000 autres troupes d'occupation.

La passation de pouvoir est donc un mensonge. Pour la France, l'Allemagne et la Belgique, qui se sont opposées à la guerre, cette passation est une feuille de vigne. Tout comme la récente résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui légalisait l'occupation de l'Irak. Ce sont deux alibis pour pouvoir dire : désormais, nous sommes de la partie.

Le mouvement pour la paix trompé

Ils veulent participer à une action de paix, car, c'est ainsi que sera présentée l'intervention de l'Otan. Les 26 et 27 juin, juste avant la passation de pouvoir à Bagdad, l'alliance militaire se réunit à Istanbul, en Turquie. Il y a de fortes chances qu'on y décide d'intervenir.

L'intervention se prépare déjà depuis la fin de l'an dernier, quand il est devenu clair que la guerre ne se terminerait pas dans de brefs délais. A l'époque, le ministre américain des Affaires étrangères, Colin Powell, pensait déjà aux membres de l'Otan. Sa conclusion : « Au sein de l'alliance, il y a progrès, à propos de cette idée. »1Deux mois plus tard, l'ambassadeur américain à l'Otan, Nicholas Burns, déclarait: «Au sein de l'alliance existe une forte volonté politique d'en faire plus en Irak. Aujourd'hui, il est sans doute trop tôt, mais au printemps ou au début de l'été on en saura plus à ce sujet.» 2Ce qui retenait le plus les hésitants, c'est qu'il n'y avait pas un gouvernement irakien en fonction et que les Nations unies ne s'étaient pas exprimées sur la question. Aujourd'hui, les deux pr! oblèmes sont résolus.

A la mi-juin, Bush, le président français Chirac et le chancelier allemand Schröder ont convenu qu'un premier pas sera franchi en confiant à l'Otan l'entraînement de certaines parties de l'armée irakienne. 1Cela se fera dès que le gouvernement irakien fraîchement installé l'aura demandé. Le ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel a dit, après la révélation de cet accord secret, que la Belgique "est prête à contribuer à l'entraînement d'une force de police".

Chirac, Schröder et Michel se moquent ainsi du mouvement de la paix. A l'approche de la guerre, en 2003, le mouvement de la paix avait mis tous ses espoirs sur ces messieurs. Un espoir déjà largement ombragé, car les trois ont donné toutes les facilités aux Américains pour le transit de troupes et de matériel par leur territoire. Mais quand même, la Belgique et l'Allemagne étaient prêtes l'an dernier à utiliser leur veto contre l'engagement de l'Otan. Maintenant, il n'en est plus question, et ils veulent contribuer à la construction d'une armée et d'une police collaboratrices. Cette décision tombe juste au moment où le caractère de l'occupation et de la guerre est marqué par les pratiques de torture dans les prisons irakiennes. Et au moment où il est prouvé que tous les motifs invoqués par Bush & Co pour partir en guerre étaient de! s mensonges: les armes de destruction massive et la collaboration entre Al Qaida et Saddam dans les attentats du 11 septembre. Chirac, Schröder et Michel ont trompé le mouvement de la paix.

Contrôler l'Europe via l'Otan

L'engagement de l'Otan a des conséquences à long terme pour les relations entre les Etats-Unis et l'Union européenne. A Washington, des appels s'élèvent toujours plus fort pour réduire les contradictions entre les deux.

Hillary Clinton déclare : « Le nous-nous-en-sortirons-bien-tout-seuls de ce gouvernement a remarquablement échoué en Irak. Nous devons réincorporer les alliés internationaux et les organisations internationales comme l'Otan. » 3

L'incorporation de l'Otan ramène l'axe Paris-Berlin sous le parapluie américain. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l'Europe occidentale, via l'Otan, est militairement dépendante des Etats-Unis. L'Otan comme instrument par excellence de l'hégémonie américaine est maintenant réhabilité.

Deux éléments peuvent bloquer la voie vers une intervention toujours plus grande de l'Otan : la résistance en Irak et le mouvement pour la paix en Europe et aux Etats-Unis. Si ces deux mouvements sont assez puissants, les impérialistes européens n'oseront pas.

1. Paul Richter, Powell Reports Progress with NATO on Iraq, Los Angeles Times, 5 décembre 2003 · 2. The Independent Voice of Iraq Today, US says support building for Nato role in Iraq, 9 février 2004 · 3. Hillary Clinton, Fighting Terror and the Spread of Weapons of Mass Destruction, discours adressé au Brookings Institute, 25 février 2004.

 

 


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